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Compostelle

La légende dit que en 44 après Jésus Christ, Jacques, disciple du Christ, a été décapité à Jérusalem mais a été enseveli en Espagne où après quelques manifestations miraculeuses il tombe dans l’oubli.

En 818, une lumière guide un ermite vers ce tombeau qui devient un lieu de pèlerinage dans un contexte géopolitique favorable. Il « apparaît même par miracle et assure des victoires aux chrétiens » contre les musulmans. Chez les espagnols il devient le matamoros et sa représentation est le type même du pèlerin avec gourde, grand chapeau, grande pèlerine, bâton et coquille.

En ces temps-là, les routes d’Europe sont l’héritage de l’Antiquité et sont jalonnées de chapelles, églises, hospices, abbayes qui assurent l’accueil des pélerins et même améliorent la sécurité en construisant des ponts et des hôpitaux.

Ainsi, le Camino francés  est aménagé et conduit à St Jacques de Compostelle qui attire les pèlerins de toute l’Europe.

Mais il tombe dans l’oubli sauf en Espagne. C’est grâce au goût des chemins qu’en 1950 des historiens relancent la pratique.  Il est considéré comme un moyen de développement touristique dès 1960 en Espagne. En France c’est en  1972 qu’un premier chemin au départ de Puy en Velay est aménagé, et en 1978 les chemins de Compostelle sont considérés  éléments du développement touristique et du patrimoine.

En 1987 le conseil de l’Europe reconnaît l’importance du pèlerinage de Compostelle qui retrouve une dimension politique nouvelle: servir la paix par la rencontre des Européens.

Les nouveaux pèlerins ou cheminants sont de plus en plus nombreux; ils sont en recherche de dépaysement, de relations plus authentiques, de liberté, de simplicité, d’une quête spirituelle, c’est aussi la réponse à un vœu… chacun lui donnant sa dimension personnelle.*

compostelle

Pour se rendre dans la péninsule ibérique à pied, il y a une évidence: il faut franchir les Pyrénées par un col. Autre évidence le chemin doit aussi rejoindre Rome.

Ainsi en 1934, l’itinéraire du Pièmont est tracé sur  un axe Montpellier-Carcassonne. Il correspond au sillon naturel et permanent de circulation que les Romains ont aménagé: la Via Domitia et la Via Aquitania. C’est sur cet axe que les historiens ont pu relever dans les récits datant  de 1357 à 1645 que les pèlerins passaient par Montpellier, Béziers, Capestang puis Carcassonne pour poursuivre vers Toulouse.A partir de là ils avaient le choix entre la voie d’Arles ( vers la Gascogne) ou la vallée de la Garonne vers le Piémont Pyrénéen.

«  pour aller à Compostelle, plusieurs grandes voies traversent la France et convergent vers le Pays Basque espagnol. Mais il en existe une autre, plus traversière, qui conduit grosso modo de l’Italie à l’Espagne, en longeant le golfe du lion et sillonne le piémont pyrénéen…des Alpes aux Pyrénées, cet itinéraire pérégrinations est le trait d’union de pays longtemps unis dans une culture commune, celle de la langue occitane… »

Ainsi écrit Georges À. Bertrand, écrivain, photographe et voyageur dans le guide Lepère, spécialiste des guides d’itinéraires pour pèlerins et randonneurs à pieds.

Il qualifie la voie des Piémonts de chemin de sérénité.

Sur la quatrième de couverture de son ouvrage « le Chemin de St-Jacques de Compostelle: la voie des piémonts, entre Cévennes et Pyrénées »  on peut lire:

«  depuis Montpellier, au pied des Cévennes, à St-Jean-Pied-de Port, avant le franchissement des Pyrénées, ce chemin encore peu connu vous enchantera par la sérénité des paysages et la beauté de ses  églises, abbayes, châteaux et bastides. Après les âpres garrigues du Minervois, vous monterez dans la pittoresque cité de Carcassonne. Vous entrez alors dans le pays cathare… »

 

Par sa position sur ce chemin, Ste-Valière peut devenir une étape intéressante pour les pèlerins qui recherchent l’authenticité d’un village languedocien, une halte rafraîchissante, une rencontre improbable… Ste-Valière a toute sa place , à ses habitants de la rendre incontournable.